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Préserver la flore : forêts, prairies, zones humides, sols, et ceux qui replantent

Un tiers de ce que nous mangeons dépend des pollinisateurs ; la moitié de l'oxygène vient du plancton végétal ; les forêts stockent le carbone, filtrent l'eau et tiennent les montagnes. La flore est l'infrastructure silencieuse. Elle repousse vite quand on lui rend de la place.

Dernière mise à jour : 2026-09-13

I · La BeautéL'émerveillement d'abord

Une prairie de fauche non traitée peut abriter cinquante espèces de plantes au mètre carré et des centaines d'insectes. Une seule cuillère de sol vivant contient plus de micro-organismes qu'il n'y a d'humains sur Terre. Un chêne de deux cents ans héberge plusieurs centaines d'espèces. Le végétal n'est pas un décor : c'est une architecture d'une sophistication que nous commençons à peine à lire.

Les écosystèmes qui nous portent

ÉcosystèmeCe qu'il fait pour nousÉtat et repère sourcé
ForêtsCarbone (les forêts absorbent près d'un tiers des émissions humaines de CO₂), eau, bois, biodiversité, protection des solsPerte nette mondiale de 4,7 Mha/an (FAO, 2020) ; la forêt française a doublé depuis 1830 (IGN)
Zones humidesÉponges contre les crues et les sécheresses, épuration, nurseries de poissonsEnviron les deux tiers des zones humides françaises ont disparu au XXᵉ siècle (OFB / ministère de la Transition écologique)
Prairies et haiesPollinisateurs, sols, eau, paysages ; la haie est un corridor, un brise-vent, une réserveObjectif national : 50 000 km de haies supplémentaires d'ici 2030 (Pacte en faveur de la haie, 2023)
SolsNourrir, filtrer, stocker le carbone (deux à trois fois plus que l'atmosphère)33 % des sols mondiaux dégradés (FAO, 2015) ; plus de 20 000 ha artificialisés par an en France (Cerema)
Mangroves et herbiers (posidonie)Protection des côtes, nurseries, puits de carbone « bleu » très efficacesSanctuaire Pelagos (1999) et Parc national de Port-Cros (1963) protègent les herbiers méditerranéens
Plantes sauvagesMédicaments (la moitié des molécules pharmaceutiques ont une origine naturelle), génétique agricole, beauté45 % des plantes à fleurs potentiellement menacées (Kew, 2023)

II · La BlessureCe qui menace

Le changement d'usage des terres d'abord : l'agriculture est responsable de près de 90 % de la déforestation tropicale (FAO), l'urbanisation grignote les sols agricoles, le drainage a vidé les zones humides. Le climat ensuite, qui déplace les aires de répartition plus vite que les arbres ne migrent et affaiblit les forêts (scolytes, sécheresses, incendies). Les pollutions (nitrates, pesticides), les espèces envahissantes (jussie, renouée) et le remembrement qui a arraché des centaines de milliers de kilomètres de haies dans la seconde moitié du XXᵉ siècle.

La bonne nouvelle est structurelle : contrairement à une espèce animale, un écosystème végétal se restaure souvent en une génération quand on cesse de le détruire. Une prairie revient en cinq ans, une haie en dix, une forêt en cinquante.

IV · Ce qui avanceLes réparations mesurées

ProgrammeCe qui a été faitSource
Forêt françaiseSurface doublée depuis 1830 (17 Mha, 31 % du territoire) grâce au Code forestier, à la restauration des terrains de montagne et à la gestion durableIGN
Conservatoire du littoralPlus de 200 000 ha de rivages acquis et protégés définitivement depuis 1975Conservatoire du littoral
Costa RicaCouvert forestier passé d'environ 21 % (fin des années 1980) à plus de 50 % grâce aux paiements pour services environnementaux (1997)Banque mondiale
Grande Muraille verte (Sahel)Programme panafricain lancé en 2007 : millions d'hectares restaurés, résultats inégaux mais réels (Éthiopie, Sénégal, Niger)Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification
Défi de BonnEngagements de restauration de 350 Mha d'ici 2030 par plus de 70 paysBonn Challenge
SemencesPlus de 1,2 million d'échantillons au Svalbard ; réseau des conservatoires botaniques nationaux en FranceCrop Trust
Règlement européen sur la restauration de la naturePremier texte contraignant : restaurer au moins 20 % des terres et des mers de l'UE d'ici 2030EUR-Lex

V · AgirCe que chacun peut faire

Citoyen

  • Planter : chantiers de haies (associations, chambres d'agriculture, fédérations de chasseurs), forêts urbaines participatives, vergers conservatoires.
  • Observer : Tela Botanica (réseau des botanistes francophones), Vigie-flore (MNHN), Sauvages de ma rue.
  • Cultiver : jardin partagé, semences paysannes (leur vente aux jardiniers amateurs est autorisée depuis la loi de 2020), zéro pesticide (interdits pour les particuliers depuis 2019).
  • Acheter : bois et papier certifiés (FSC, PEFC), produits sans déforestation importée, produits locaux et de saison.
  • Défendre : enquêtes publiques sur les projets d'artificialisation, atlas de la biodiversité communale.

Entreprise et collectivité

  • Zéro artificialisation nette : renaturer autant que l'on construit ; les friches d'abord.
  • Traçabilité « zéro déforestation » des matières premières (soja, huile de palme, cacao, café, bois, caoutchouc, bœuf).
  • Gestion différenciée des espaces verts, prairies fleuries, toitures végétalisées, désimperméabilisation des cours d'école.
  • Paiements pour services environnementaux aux agriculteurs (haies, couverts, zones humides).

Les métiers et les formations

Gestionnaire forestier, chargé·e de mission zones humides ou trame verte, botaniste de conservatoire, urbaniste du foncier durable (ZAN), agronome des sols vivants, responsable filière bois responsable, acheteur·se « zéro déforestation », paysagiste-écologue, animateur·rice nature. Chez SEAL : Bloc I (CR-04 « Les forêts — poumons et refuges », CR-05 « Les sols vivants — nourrir 10 milliards d'humains »), DEES™ Économie circulaire & supply durable.

1 fait → 1 métier → 1 formation

Le fait : environ les deux tiers des zones humides françaises ont disparu au XXᵉ siècle (OFB).

Le métier qui y répond : chargé·e de mission zones humides dans un syndicat de bassin ou une agence de l'eau.

La formation qui y mène : DEES™ Transition énergétique & ressources (SEAL).

Questions fréquentes

Planter des arbres suffit-il ?

Non. Un arbre planté au mauvais endroit (prairie, zone humide, monoculture) peut détruire de la biodiversité. Restaurer un écosystème, c'est d'abord protéger ce qui reste, puis laisser revenir, puis planter avec les bonnes essences locales.

La forêt française va-t-elle bien ?

Elle grandit en surface mais souffre en santé : sécheresses, scolytes, incendies, mortalité accrue des épicéas et des hêtres. La gestion doit s'adapter (essences, diversité, sylviculture douce).

Qu'est-ce qu'une haie change ?

Tout : brise-vent, ombre pour le bétail, refuge des pollinisateurs et des auxiliaires, filtre de l'eau, stockage de carbone, paysage. C'est pourquoi l'État finance leur replantation (50 000 km d'ici 2030).

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