SEALCoopératives › La Scic : la société coopérative d'intérêt collectif, expliquée
Coopératives & associations · statut

La Scic : la société coopérative d'intérêt collectif, expliquée

La Scic est la coopérative des projets de territoire : elle réunit au même capital ceux qui produisent, ceux qui bénéficient, la commune, des entreprises et des citoyens. Une entreprise dont la finalité est l'intérêt collectif, avec un vrai modèle économique. C'est l'outil des tiers-lieux, de l'énergie citoyenne, des circuits courts.

Dernière mise à jour : 2026-09-13

La définition

Créée par la loi n° 2001-624 du 17 juillet 2001 (article 36) et précisée par la loi ESS de 2014, la société coopérative d'intérêt collectif est une SARL, SA ou SAS coopérative qui a « pour objet la production ou la fourniture de biens et de services d'intérêt collectif, qui présentent un caractère d'utilité sociale ». Ses marques :

  • Le multi-sociétariat : au moins trois catégories d'associés, dont obligatoirement les salariés (ou, à défaut, les producteurs) et les bénéficiaires (clients, usagers, habitants) ; la troisième au choix : collectivités, entreprises, associations, financeurs, bénévoles.
  • Les collectivités territoriales et leurs groupements peuvent détenir jusqu'à 50 % du capital (20 % avant 2014).
  • Une personne, une voix, avec possibilité de collèges de vote pondérés (chaque collège entre 10 % et 50 % des voix) pour équilibrer les catégories.
  • Au moins 57,5 % des résultats affectés aux réserves impartageables (en pratique souvent 100 %) ; rémunération du capital plafonnée ; pas de ristourne.
  • Révision coopérative tous les cinq ans ; plus d'agrément préfectoral depuis 2012.
  • Elle relève de plein droit de l'ESS et peut demander l'agrément ESUS.

À quoi sert une Scic

UsagePourquoi la ScicExemples
Énergie citoyenneHabitants, collectivité, producteurs et financeurs au même capitalEnercoop (fournisseur d'électricité renouvelable, 2005, réseau de Scic régionales), centrales villageoises
Tiers-lieuxRéunir usagers, salariés, commune et mécènes ; recevoir des subventions tout en vendant des servicesDe nombreux tiers-lieux et fablabs sont des Scic
Circuits courts, alimentationProducteurs, consommateurs, restauration collective, collectivitéPlateformes locales d'approvisionnement, magasins de producteurs
MobilitéUsagers, collectivités, opérateursMobicoop (covoiturage coopératif) ; Railcoop (train, 2019, liquidée en 2024 : un échec instructif)
Habitat, foncierHabitants, collectivité, bailleursScic d'habitat participatif, foncières solidaires
Culture, sport, santéPraticiens, usagers, communesCinémas, salles, maisons de santé, clubs
Numérique responsableUtilisateurs, salariés, partenairesCommown (électronique responsable), Telecoop (opérateur mobile)

Ce qui la distingue de la Scop et de l'association

AssociationScopScic
FinalitéNon lucrativeEntreprise détenue par ses salariésIntérêt collectif, utilité sociale
Qui décideLes membresLes salariés associés (65 % des voix)Les collèges d'associés (salariés, bénéficiaires, tiers)
Collectivités au capitalPas de capitalLimitéJusqu'à 50 %
RéservesExcédents non distribuablesAu moins 15 % (40-45 % en pratique)Au moins 57,5 %
FiscalitéExonérée si non lucrativeIS, exonération de CETIS de droit commun
SubventionsOuiRarementOui, comme toute entreprise d'utilité sociale, dans le respect des règles d'aides d'État

Avantages et limites, honnêtement

Avantages

  • Faire travailler ensemble des acteurs qui ne se parlent pas (une commune, des habitants, une entreprise).
  • Sécuriser un projet d'intérêt collectif dans une forme d'entreprise, avec un chiffre d'affaires, et non une association dépendante des subventions.
  • Verrouiller la finalité : les réserves impartageables et la révision coopérative empêchent la captation.
  • Accès aux financements de l'ESS (Socoden, France Active, Banque des Territoires, épargne solidaire).

Limites

  • Gouvernance complexe : animer plusieurs collèges demande du temps et de la méthode.
  • Rémunération du capital très limitée : peu attractif pour des investisseurs classiques.
  • Le statut ne crée pas le modèle économique : Railcoop a montré qu'un beau sociétariat ne remplace pas un plan de financement.
  • Lien avec une collectivité : transparence exigée (commande publique, aides d'État, conflits d'intérêts).

Questions fréquentes

Une Scic peut-elle recevoir des subventions ?

Oui : c'est l'un de ses intérêts par rapport à la Scop. Les subventions doivent respecter le droit des aides d'État et la définition légale de la subvention (loi de 2000, article 9-1).

Combien d'associés minimum ?

Trois catégories d'associés au minimum ; en pratique, une Scic réunit souvent des dizaines, voire des centaines de sociétaires (les Scic d'énergie citoyenne en comptent des milliers).

Une association peut-elle se transformer en Scic ?

Oui, la loi de 2001 le prévoit expressément, sans création d'une personne morale nouvelle : c'est un chemin fréquent quand une association développe une activité économique.

Rejoindre SEAL, l'école qui forme l'élite qui répare le monde

Programme « Conscience & Action », 100 % à distance, rentrée le 5 octobre 2026. Le dossier de candidature se dépose en ligne auprès du Groupe.

Candidater   Voir le programme

SEAL Institute fait partie du Groupe École de Commerce de Lyon

Un groupe, sept établissements et des portails au service des étudiants et des employeurs : découvrez l'IEA, Institut pour l'Entrepreneuriat en Afrique · l'EFCM, École Française de Commerce et de Management · les Écoles Vendôme (luxe, mode, beauté) · l'ESTEL (tourisme et événementiel) · LIBS, business programmes taught in English · l'École de Management du Sport · NEODIGITA, l'école de la transition digitale · l'ESEAD pour tous les étudiants du supérieur · tous les sites du Groupe École de Commerce de Lyon · les guides d'orientation, d'alternance et de reconversion de l'École de Commerce de Lyon.