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Guide : créer une Scop, de l'idée à l'immatriculation

Créer une Scop, c'est créer une entreprise, avec une étape en plus : construire le collectif. Voici le parcours en dix étapes, tel que le pratiquent les unions régionales des Scop, qui accompagnent gratuitement chaque projet.

Dernière mise à jour : 2026-09-13

Avant de commencer : les deux voies

La création : un groupe de futurs salariés porte un projet neuf. La reprise : les salariés reprennent leur entreprise (départ en retraite du dirigeant, cession, redressement). La reprise est la voie la plus fréquente et la plus sûre : l'activité existe, les clients aussi. Depuis 2014, les salariés des entreprises de moins de 250 personnes ont un droit d'information préalable en cas de projet de cession, pour pouvoir présenter une offre.

Les dix étapes

  1. Constituer le collectifDeux associés minimum (SARL, SAS), sept en SA. Vérifier que chacun accepte les règles : une personne une voix, dirigeant élu, parts remboursées à la valeur nominale, réserves impartageables. Écrire une charte de fonctionnement avant les statuts.
  2. Prendre rendez-vous avec l'union régionale des ScopTreize unions régionales (URSCOP) accompagnent gratuitement : diagnostic, étude, statuts, financement, formation des futurs associés. C'est l'entrée du réseau.
  3. Faire l'étude économiquePlan d'affaires classique (marché, moyens, compte de résultat prévisionnel sur trois ans, plan de financement, trésorerie) avec deux spécificités : la clé de répartition des résultats et le calendrier de remboursement des parts. Pour une reprise : diagnostic de l'entreprise, valorisation, audit social et juridique.
  4. Choisir la formeSARL (simple, 2 à 100 associés), SAS (souple, depuis 2014), SA (7 associés et 18 500 € minimum, conseil d'administration). Les statuts types de la CG Scop évitent les erreurs.
  5. Fixer le capital et les apportsCapital minimum 30 € (SARL, SAS) mais un capital réel crédibilise le projet : chaque associé souscrit des parts, souvent par prélèvement mensuel sur salaire. Les statuts prévoient l'obligation ou la possibilité, pour tout salarié, de devenir associé après une période d'essai.
  6. Boucler le financementFonds propres des associés + Socoden (prêts participatifs) + Sofiscop (garantie) + banque coopérative (Crédit Coopératif, Crédit Mutuel, Crédit Agricole) + France Active (garantie, prêt) + Bpifrance + fonds régionaux de reprise (Transméa et équivalents) + épargne solidaire. Pour une reprise : la Scop d'amorçage permet de racheter progressivement le capital.
  7. Rédiger et signer les statutsObjet, forme, capital variable (recommandé), catégories d'associés, règles de vote, mandat du dirigeant, clé de répartition, conditions d'entrée et de sortie des associés, dévolution désintéressée. Relecture par l'URSCOP.
  8. ImmatriculerDépôt au greffe via le guichet unique des formalités des entreprises ; la dénomination comporte « société coopérative et participative » ou « Scop ». Publication d'une annonce légale. Numéro SIREN sous quelques jours.
  9. Demander l'inscription sur la liste ministérielle des ScopDossier auprès du ministère chargé du Travail via la CG Scop : c'est cette inscription qui ouvre les avantages fiscaux (CET, provision pour investissement) et l'accès aux marchés publics avec préférence.
  10. Mettre en place la vie coopérativeAccord de participation dérogatoire, première assemblée générale, calendrier des réunions, formation des associés (principe coopératif n° 5), adhésion à la CG Scop, préparation de la révision coopérative quinquennale.

Le budget et le calendrier réalistes

PosteOrdre de grandeurRemarque
Accompagnement URSCOPGratuitFinancé par les cotisations du mouvement
Frais juridiques (statuts, annonce légale, greffe)Quelques centaines à quelques milliers d'eurosMoins si statuts types et guichet unique
Expert-comptable (prévisionnel, reprise)VariableChoisir un cabinet qui connaît les Scop
Délai création3 à 9 moisLe temps du collectif plus que celui des formalités
Délai reprise6 à 18 moisDiagnostic, négociation, financement, transition

Les erreurs qui coûtent

  • Créer une Scop pour « faire joli » sans collectif réel : la première AG conflictuelle la tue.
  • Sous-capitaliser : les parts sociales sont les premiers fonds propres ; un capital symbolique fait fuir les banques.
  • Oublier la formation des associés : voter sur un bilan sans le comprendre n'est pas de la démocratie.
  • Négliger la reprise : c'est la voie royale, et la plus ignorée.
  • Confondre Scop et absence de hiérarchie : la Scop élit son dirigeant, elle ne s'en passe pas (sauf choix explicite d'organisation).
Ces guides sont pédagogiques et à jour des textes cités ; ils ne remplacent ni un accompagnement par une union régionale des Scop (gratuit), ni un conseil juridique ou comptable. Sources : loi du 10 septembre 1947, loi du 19 juillet 1978, loi du 17 juillet 2001, loi du 31 juillet 2014, Confédération générale des Scop et des Scic.

Questions fréquentes

Peut-on créer une Scop seul ?

Non : deux associés minimum. Mais un porteur de projet peut réunir son collectif avec l'aide de l'URSCOP, y compris parmi de futurs salariés.

Combien de temps pour reprendre son entreprise en Scop ?

Six à dix-huit mois selon la taille et la situation ; le droit d'information préalable (deux mois avant la cession) laisse le temps de se manifester.

Où trouver les statuts types ?

Auprès de l'union régionale des Scop, qui les adapte à chaque projet et les relit avant signature.

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