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Guide : gérer une association, gouvernance, comptes, bénévoles, salariés, financements

Une association se gère avec les mêmes outils qu'une entreprise, dans un cadre juridique propre : gestion désintéressée, non-lucrativité, transparence envers les membres et les financeurs. Ce guide donne le calendrier, les règles et les seuils.

Dernière mise à jour : 2026-09-12

Le calendrier de gouvernance

QuandQuoiBase
Chaque réunionConvocation conforme aux statuts, procès-verbal signéStatuts, règlement intérieur
Chaque annéeAssemblée générale ordinaire : rapport moral, rapport financier, approbation des comptes, budget, cotisation, électionsStatuts (la loi de 1901 n'impose rien, les financeurs oui)
Dans les 3 moisDéclaration au greffe de tout changement de dirigeants, de statuts, de siègeLoi de 1901, article 5 ; décret de 1901
Dans les 6 mois de la clôturePublication des comptes et rapport du commissaire aux comptes si subventions publiques supérieures à 153 000 € ou dons supérieurs à 153 000 €Loi de 2006, décret de 2009
Chaque annéeDéclaration des dons reçus ayant donné lieu à reçu fiscal (montant global, nombre de reçus)Article 222 bis CGI, depuis 2022
En continuRegistre des membres, tenue de la comptabilité, conservation des pièces (10 ans)Bonnes pratiques, Code de commerce pour les grandes associations

La comptabilité

Aucune obligation générale pour les petites associations, mais une comptabilité de trésorerie (recettes/dépenses) est indispensable dès le premier euro, et une comptabilité d'engagement selon le plan comptable des entités à but non lucratif (règlement ANC 2018-06) devient obligatoire pour les associations qui reçoivent plus de 153 000 € de subventions ou de dons, qui ont une activité lucrative, ou qui emploient des salariés au-delà de certains seuils. Un logiciel associatif ou un tableur bien tenu suffit au début ; un expert-comptable dès qu'il y a des salariés ou des subventions importantes. Les financeurs demandent des comptes annuels signés, un budget prévisionnel et souvent un compte rendu financier par action (cerfa 15059).

Les bénévoles

  • Pas de rémunération, sinon c'est du salariat déguisé ; seuls les frais réels engagés sont remboursés sur justificatifs, ou abandonnés au profit de l'association (abandon de frais = don ouvrant droit à réduction d'impôt de 66 %).
  • Chèque-repas du bénévole : jusqu'à un plafond quotidien fixé par arrêté, exonéré.
  • Compte d'engagement citoyen : depuis 2024, un an de bénévolat (200 heures dont 100 dans la même association) ouvre des droits à formation.
  • Congé d'engagement associatif : six jours par an pour les responsables bénévoles, sous conditions.
  • Assurance : couvrir les bénévoles en RC et en accidents ; vérifier les contrats pour les activités à risque.
  • Animation : accueil, formation, reconnaissance, rythme raisonnable : les bénévoles partent d'abord par manque de considération.

Les salariés

  • Le Code du travail s'applique intégralement : contrat, DPAE, bulletins, convention collective (animation-Éclat, sport, Alisfa, aide à domicile, etc.).
  • Chèque emploi associatif (URSSAF) pour les associations de moins de 20 salariés : simplifie paie et déclarations.
  • Aides à l'emploi : FONJEP, parcours emploi compétences, aides des collectivités et des fédérations sportives.
  • Le dirigeant bénévole est l'employeur : entretien annuel, sécurité, médecine du travail, formation.
  • Franchise de cotisations pour les six premières manifestations de soutien de l'année (Code de la sécurité sociale) ; assiettes forfaitaires pour certains animateurs sportifs.

La fiscalité

Une association n'est pas soumise aux impôts commerciaux (IS, TVA, CET) si elle remplit trois conditions : gestion désintéressée (dirigeants bénévoles, pas de distribution), activité non concurrentielle ou exercée dans des conditions différentes de celles du marché (règle des « 4 P » : produit, public, prix, publicité), et activités lucratives accessoires sous la franchise (environ 80 000 € de recettes lucratives par an, revalorisée chaque année). Au-delà, sectorisation ou assujettissement. Le rescrit fiscal permet de faire confirmer sa situation par l'administration. Autres impôts : taxe sur les salaires (si pas de TVA), taxe d'habitation sur les locaux, droits sur les spectacles et buvettes.

Les financements

RessourceRègleRepère
CotisationsFixées par l'AG ; non déductibles pour le membre (sauf si sans contrepartie)
Recettes d'activitéVentes, prestations, billetterie : 42 % environ du budget associatif globalTchernonog & Prouteau
Subventions publiquesConvention obligatoire au-delà de 23 000 € ; dossier cerfa 12156 ; contrat d'engagement républicain ; compte rendu financierLoi de 2000, article 9-1
Commandes publiquesMarchés et délégations : appel d'offres, concurrenceCode de la commande publique
Dons et mécénatReçus fiscaux (66 % particuliers, 75 % « Coluche » jusqu'à 1 000 €, 60 % entreprises) si intérêt général ; rescrit mécénatArticles 200 et 238 bis CGI
Sponsoring (parrainage)Contrepartie publicitaire : facture avec TVA, pas de reçu fiscalDoctrine fiscale
ManifestationsSix manifestations de soutien exonérées d'impôts commerciaux par anArticle 261-7-1°-c CGI
FDVA, appels à projets, fondationsFonctionnement (FDVA 2), projets innovants, fondations territorialesassociations.gouv.fr

La responsabilité des dirigeants

L'association répond de ses engagements sur son patrimoine ; les dirigeants n'engagent leur responsabilité personnelle qu'en cas de faute détachable de leurs fonctions, de faute de gestion ayant contribué à une insuffisance d'actif (en cas de liquidation), ou d'infraction pénale (défaut d'assurance, sécurité, travail dissimulé, abus de confiance). Trois protections : une assurance RC couvrant les dirigeants, des décisions collectives tracées par procès-verbal, et une gestion prudente (pas d'engagement sans budget, pas de mélange des comptes).

Information générale, vérifiée sur Légifrance et service-public.fr à la date indiquée ; elle ne constitue pas un conseil juridique. Pour une situation particulière : le réseau Guid'Asso (points d'appui à la vie associative), un expert-comptable ou un avocat.

Questions fréquentes

Une association peut-elle rémunérer son président ?

Sous conditions strictes : dans la limite des trois quarts du SMIC sans perdre la gestion désintéressée, ou davantage pour les grandes associations (ressources propres supérieures à 200 000 €) selon un vote statutaire et une transparence financière ; l'usage reste le bénévolat.

Faut-il un commissaire aux comptes ?

Oui au-delà de 153 000 € de subventions publiques annuelles, ou de dons ouvrant droit à réduction d'impôt supérieurs à 153 000 €, ou pour les associations à activité économique dépassant deux des trois seuils (50 salariés, 3,1 M€ de chiffre d'affaires, 1,55 M€ de bilan).

Comment savoir si mes dons ouvrent droit à reçu fiscal ?

L'association doit être d'intérêt général : gestion désintéressée, non-lucrativité, pas de cercle restreint de bénéficiaires. Le rescrit mécénat (article L.80 C du LPF) sécurise la réponse en six mois.

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